Lubrification et entretien des bagues en bronze
Une bague en bronze ne s’use pas toute seule : elle est usée par le manque de lubrifiant, par la saleté ou par un arbre qui n’a jamais été bon. Cette note explique avec quoi graisser ou huiler, à quelle fréquence, comment tailler les rainures et comment lire une bague usagée.
Les bagues en bronze coulé et les bagues enroulées ont besoin d’un lubrifiant extérieur : une graisse au lithium ou au complexe de lithium NLGI 2 à additifs EP pour les articulations lentes et lourdes, ou une huile minérale ou synthétique ISO VG 68–220 pour la rotation continue. Regraissez avant que l’ancienne graisse soit épuisée — typiquement toutes les 8 à 50 heures de service sur les engins de chantier et toutes les 250 à 1 000 heures sur les machines peu chargées — et prévoyez des rainures et des trous qui amènent le lubrifiant du côté chargé de l’alésage.
- Bronze C93200 / SAE 660 graissé : 45 N/mm² à l’arrêt, 25 N/mm² en mouvement, 0,5 m/s. Au-delà, il faut un film d’huile complet ; le fonctionnement à sec est un mode de défaillance, pas une caractéristique.
- Graisse : NLGI 2, lithium ou complexe de lithium, additif EP, huile de base ISO VG 150–460 pour les articulations lentes et lourdes. Évitez les graisses au MoS₂ solide dans les bagues dont les trous de graissage font moins de 3 mm.
- Huile : ISO VG 68 pour les arbres rapides et peu chargés, jusqu’à ISO VG 220 pour les arbres lents et lourds ; lubrification par circulation ou par bain pour la rotation continue au-delà de 1 m/s environ.
- Là où le regraissage est impossible, changez la bague, pas le planning : bronze à plots de graphite, bronze fritté imprégné d’huile ou composite PTFE.

Pourquoi les bagues en bronze doivent être lubrifiées
Une bague en bronze travaille par glissement. Sous charge, l’arbre et l’alésage en bronze sont séparés par un film de lubrifiant ; là où le film s’amincit, la surface en bronze à l’étain tolère le contact sans se souder à l’acier, et le plomb des nuances au plomb s’étale en un film provisoire. C’est cette tolérance qui fait du bronze le matériau de palier classique, mais c’est une marge qui se compte en minutes, pas un régime de fonctionnement. Sans lubrifiant, le coefficient de frottement passe d’environ 0,05 à 0,3 ou plus, la chaleur s’accumule au contact, le bronze se ramollit et se transfère sur l’arbre, et l’articulation grippe ou s’ovalise.
Le lubrifiant remplit aussi deux fonctions qui n’ont rien à voir avec le frottement : il évacue la chaleur du contact et il chasse les particules abrasives qu’une articulation de machine accumule toujours. Une bague dont les extrémités suintent une graisse propre fait exactement ce qu’on attend d’elle.
Graisse ou huile ?
La graisse pour les mouvements lents, lourds et intermittents, où le lubrifiant doit rester en place entre deux interventions : axes de pelles, de chargeuses, de grues, d’outils agricoles, de presses et de portails. L’huile pour la rotation continue, les vitesses plus élevées, ou lorsqu’il faut évacuer la chaleur : bagues de réducteurs et de pompes, broches, rouleaux. Le point de bascule se situe autour de 0,5 m/s de vitesse de glissement, la limite admissible du bronze coulé graissé ; au-delà, l’huile est nécessaire pour évacuer la chaleur et la bague doit fonctionner sur un film d’huile complet.
Pour les bagues, la consistance de la graisse est NLGI 2 dans presque tous les cas ; NLGI 1 seulement pour les centrales de graissage à longues canalisations en climat froid. L’épaississant sera au lithium ou au complexe de lithium pour le service général, au sulfonate de calcium pour les articulations humides et marines. Les additifs extrême pression sont souhaitables sur les articulations lentes et fortement chargées ; les additifs solides comme le bisulfure de molybdène ou le graphite conviennent aux pivots ouverts, mais peuvent boucher les petits trous d’alimentation et colmater les rainures des bagues à jeu réduit.
Choix du lubrifiant pour bagues en bronze
| Service | Lubrifiant | Viscosité / grade | Remarques |
|---|---|---|---|
| Pivots lents et lourds (chantier, agriculture) | Graisse EP | NLGI 2, huile de base ISO VG 220–460 | Complexe de lithium ; sulfonate de calcium en milieu humide |
| Mouvement léger et intermittent (portails, leviers, montages) | Graisse multiusage | NLGI 2, huile de base ISO VG 100–150 | Lithium ; regraisser à l’inspection |
| Rotation continue, vitesse modérée (pompes, convoyeurs) | Huile minérale ou synthétique | ISO VG 68–150 | Bain, mèche ou goutte à goutte |
| Rotation continue, forte charge, lente | Huile | ISO VG 150–220 | Circulation de préférence, pour évacuer la chaleur |
| Haute température (150–250 °C) | Graisse ou huile synthétique | Graisse polyurée ou PFPE ; huile synthétique | Vérifiez la limite de la bague : C93200 jusqu’à +250 °C |
| Contact alimentaire ou eau potable | Graisse ou huile alimentaire H1 | Selon la norme de l’équipement | Le bronze au plomb lui-même peut être exclu ; consultez-nous |
À quelle fréquence regraisser ?
Une bague graissée doit être regraissée avant que l’ancienne graisse soit épuisée, oxydée ou contaminée ; l’intervalle dépend de la charge, du mouvement, de la température et de la saleté, pas du calendrier. Les constructeurs de machines publient des plans de graissage ; à défaut, le tableau donne des points de départ éprouvés, à raccourcir lorsqu’une articulation chauffe, voit de l’eau ou de la poussière, ou travaille sous charge continue.
Pompez la graisse jusqu’à ce qu’une graisse propre apparaisse aux deux extrémités de la bague, si possible articulation déchargée pour que la graisse neuve atteigne l’arc chargé. Ne mettez pas les articulations étanches en surpression : 3 à 4 coups de pompe manuelle suffisent pour la plupart des axes ; une pompe pneumatique peut chasser les joints. Essuyez le graisseur avant et après.
Intervalles de regraissage des bagues en bronze graissées (points de départ)
| Application | Intervalle | Quantité |
|---|---|---|
| Axes de flèche, de balancier et de godet de pelle | Toutes les 8–10 heures de service ; quotidien | Jusqu’à apparition de graisse neuve aux deux extrémités |
| Pivots de chargeuses, de grues et d’engins forestiers | Toutes les 10–50 heures | Jusqu’à apparition de graisse neuve |
| Pivots d’outils agricoles | Quotidien en saison ; avant le remisage | 2–3 coups de pompe par graisseur |
| Presses, portails, tables d’indexage | Hebdomadaire à mensuel | 1–2 coups de pompe |
| Machines légères, mouvement occasionnel | Toutes les 250–1 000 heures ou à l’inspection | Petite dose, essuyer l’excédent |
| Bagues de pompes et de réducteurs à l’huile | Suivre l’intervalle de vidange ; vérifier le niveau chaque semaine | Maintenir le niveau ou le débit |
Divisez l’intervalle par deux pour les articulations qui chauffent, travaillent dans l’eau ou dans une poussière abrasive. Le bon intervalle est le plus long au bout duquel la graisse purgée ressort encore propre.
Rainures, trous et poches de graissage
Le lubrifiant doit atteindre le côté chargé de l’alésage. Un graisseur dans le logement alimente un trou radial dans la bague ; de là, un motif de rainures répartit la graisse sur la longueur et autour de l’alésage. La rainure doit partir du trou d’alimentation et s’arrêter avant les extrémités de la bague, faute de quoi le lubrifiant est simplement chassé dehors. Les rainures doivent rester hors de l’arc le plus chargé, car une rainure placée là interrompt le film exactement où l’on en a besoin ; alimentez du côté déchargé et laissez le motif porter la graisse dans la charge.
Pour la rotation, une ou deux rainures axiales droites ou une seule hélice suffisent. Pour les axes oscillants, qui ne balaient jamais tout l’alésage, un motif en huit ou en hélices croisées, ou des poches en losange comme sur les bagues enroulées en bronze, retiennent le lubrifiant dans le petit arc qui bouge réellement. La largeur de rainure est typiquement de 8 à 12 % du diamètre d’alésage, la profondeur d’environ la moitié de la largeur, avec des arêtes arrondies. Un alésage sans aucune rainure ne compte que sur la graisse des extrémités et sur le jeu de fonctionnement ; cela ne fonctionne que pour les bagues courtes et peu chargées.
Sur le plan, positionnez le trou d’alimentation angulairement par rapport à la direction de la charge et axialement par rapport à une face de référence. Un « trou de graissage » sans position laisse l’usineur deviner.
Montage et rodage
La plupart des défaillances de bagues imputées à la lubrification ont commencé au montage. Emmanchez la bague d’équerre avec un mandrin épaulé qui appuie sur la face d’extrémité, jamais au marteau sur le bronze ; contrôlez l’alésage après emmanchement, car une bague à paroi épaisse dans un logement léger se referme d’une partie du serrage et une bague enroulée à paroi mince se referme de la totalité. Alésez ou rodez l’alésage monté au jeu de fonctionnement lorsque le plan le prévoit. Enduisez l’alésage et l’arbre du lubrifiant de service avant l’assemblage : un démarrage à sec marque le bronze dès les premiers tours.
Rodez l’articulation à charge et vitesse réduites pendant les premières heures lorsque la machine le permet, regraissez à la fin du rodage et contrôlez la température à la main : une bague en bronze trop chaude pour être touchée après dix minutes sous charge parle de jeu ou d’alignement, pas de graisse.
Lire une bague usée
Une bague usagée est un rapport sur l’articulation. Avant de la remplacer, regardez où et comment elle s’est usée.
- Usure régulière et mate sur l’arc chargé, alésage encore rond : fin de vie normale. Remplacez, conservez le lubrifiant et le planning.
- Bronze brillant, étalé ou arraché, transfert sur l’arbre, marques de chauffe bleuies : manque de lubrifiant ou jeu insuffisant. Raccourcissez l’intervalle, vérifiez le circuit d’alimentation et l’ajustement.
- Rayures profondes dans le sens de l’axe, particules incrustées : contamination abrasive. Ajoutez ou réparez les joints, purgez plus souvent, envisagez un arbre plus dur.
- Usure concentrée à une extrémité : désalignement ou axe faussé. Corrigez l’alignement ; une bague plus longue n’y changera rien.
- Bague qui a tourné ou migré dans le logement, fretting sur le diamètre extérieur : serrage insuffisant ou logement usé. Reprenez le logement à la cote ou montez une bague à collerette ou goupillée.
- Alésage ovalisé dans la direction de la charge, surface encore saine : surcharge ou jeu excessif. Vérifiez la charge spécifique par rapport à la limite de l’alliage.
Quand cesser de graisser et changer de bague
Si une articulation est inaccessible, logée dans un ensemble étanche, exposée à une température que la graisse ne supporte pas, ou tout simplement oubliée en service, la réponse est une bague qui porte son propre lubrifiant. Le bronze à plots de graphite fonctionne à sec à faible vitesse, le graphite des plots s’étalant en film, et occupe le même encombrement qu’une bague en bronze usiné. Le bronze fritté imprégné d’huile couvre les services légers et plus rapides des moteurs et de l’électroménager. Les bagues composites PTFE fonctionnent à sec à vitesse plus élevée et charge plus faible, dans une paroi mince à dos acier. Chacune est un produit distinct avec ses propres limites, et nos ingénieurs vous diront quand l’une d’elles vaut mieux qu’un nouveau plan de graissage.
Questions fréquentes
Une bague en bronze peut-elle fonctionner sans lubrification ?
Non, pas en bronze coulé ni en bague enroulée. Elles tolèrent une courte interruption grâce à la structure du bronze à l’étain et au plomb des nuances au plomb, mais le fonctionnement à sec multiplie le frottement et finit en grippage ou en usure rapide. Pour le service non lubrifié, utilisez le bronze à plots de graphite, le bronze fritté imprégné d’huile ou une bague composite PTFE.
Quelle graisse pour une bague en bronze ?
Une graisse au lithium ou au complexe de lithium NLGI 2, à additifs EP et huile de base de viscosité ISO VG 150–460, pour les articulations lentes et lourdes ; une graisse multiusage au lithium plus légère pour le service léger. Passez au sulfonate de calcium pour les articulations humides ou marines et à une graisse synthétique au-dessus de 130 °C environ.
À quelle fréquence graisser une bague en bronze ?
Avant que l’ancienne graisse soit épuisée : chaque jour sur les axes de pelle, toutes les 10 à 50 heures sur les autres engins mobiles lourds, chaque semaine à chaque mois sur les presses et les portails, et à l’inspection sur les machines légères. Purgez jusqu’à ce qu’une graisse propre ressorte aux deux extrémités.
Graisse ou huile pour une bague en bronze ?
La graisse pour les mouvements lents, lourds et intermittents où le lubrifiant doit rester dans l’articulation ; l’huile pour la rotation continue, les vitesses plus élevées ou lorsqu’il faut évacuer la chaleur. Au-delà d’environ 1 m/s de vitesse de glissement, prévoyez l’huile.
Les rainures de graissage affaiblissent-elles une bague en bronze ?
Pas de façon significative aux 8–12 % du diamètre d’alésage habituels, mais une rainure dans l’arc chargé interrompt le film là où il compte. Placez le trou d’alimentation et les rainures du côté déchargé et laissez le motif porter le lubrifiant dans la charge.
Peut-on utiliser une graisse au bisulfure de molybdène dans les bagues ?
Dans les pivots ouverts à jeu généreux, oui. Dans les bagues à petits trous d’alimentation et jeu réduit, les particules solides peuvent boucher le trou et colmater les rainures ; utilisez-y une graisse EP sans additif solide.
Une articulation qui dévore ses bagues ?
Envoyez le plan, le lubrifiant et le cycle de fonctionnement. Nos ingénieurs vous diront si la solution tient au motif de rainures, au jeu, à l’alliage ou à une bague autolubrifiante, et chiffrent sous 12 heures.
Réponse au devis : 12 h · Échantillons gratuits · Sans minimum de commande
